Le culte de la beauté chez les jeunes

15 octobre 2019


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Le culte de la beauté chez les 18 / 34 ans.

Lorsque l’estime de soi repose sur le regard de l’autre

Dans notre société, l’apparence occupe une place centrale. Par ailleurs, les standards de beauté ont, eux aussi, grandement évolué. Directement influencés par les médias et les réseaux sociaux, ils ont un impact direct sur le jugement des autres et la perception de soi, notamment chez les jeunes. Entrer dans la vie adulte et se sentir autonome est une étape importante. Trouver sa place dans la société, tant sur le plan relationnel que professionnel, n’est pas une mince affaire. Dans ce contexte, l’apparence joue un rôle crucial et le culte de la beauté chez les jeunes devient de plus en plus présent.

L’importance du regard des autres

Chaque jour, nous sommes confrontés en permanence au regard des autres, qu’il s’agisse de personnes proches comme de purs inconnus croisés au détour d’une rue. Or, avant même d’entamer la discussion, c’est bel et bien le physique qui est analysé. L’allure, la prestance ou la silhouette d’une personne véhiculent de nombreuses informations. Ces éléments peuvent indiquer une certaine classe sociale, un tempérament plus ou moins actif et certains traits de la personnalité. Néanmoins, ces informations peuvent aussi être biaisées, mais ça, peu de gens s’en soucient… La ressemblance à « l’être idéal » est devenue un facteur d’intégration. La beauté intérieure semble désormais passer au second plan et cela influence grandement le comportement des jeunes générations.

 

À l’heure où ils se font une place dans la vie active et lorsqu’ils prennent leur indépendance, les 18-34 ans ressentent un fort besoin de reconnaissance. Ils sont donc très attentifs au regard des autres et visent, en ce sens, une beauté de plus en plus stéréotypée. Ça n’est qu’avec l’âge, la maturité et la prise de confiance en soi, que ce rapport à l’apparence parvient souvent à s’estomper.

L’influence des médias

Or, les médias jouent un rôle crucial dans ce rapport au physique et à la quête de la beauté absolue. Les magazines féminins ne cessent de proposer de nouveaux régimes et d’afficher des mannequins au corps longiligne et sculptural. Les astuces de mode inondent les médias. Les tutos de mise en beauté se multiplient sur les réseaux sociaux. La course aux « likes » est lancée et l’image que l’on renvoie aux autres devient obsessionnelle ! À ce titre, les influenceurs se multiplient sur la toile et les jeunes n’ont qu’une seule ambition : leur ressembler ! À tel point qu’ils finissent tous par s’uniformiser et viser une beauté standardisée et même souvent inaccessible. En effet, les filtres et les retouches sont de précieux alliés pour dissimuler tous les petits défauts de ces modèles médiatiques. La beauté visée par les jeunes est donc totalement biaisée. Pourtant, ce phénomène peut entraîner une perte totale de confiance en soi, encore accentuée par la présence de certains sites totalement destructeurs, à l’image, par exemple de « Body shaming », une page américaine conçue pour faire honte aux personnes en surpoids.

La Beauté, une donnée pourtant très subjective et évolutive

Plus que jamais, les réseaux sociaux et les médias stigmatisent l’apparence et réduisent les jeunes à cette simple caractéristique. Néanmoins, notons que la beauté n’est pas une science exacte et rien n’est moins sûr que la pérennisation des standards physiques d’aujourd’hui. Au cours des siècles derniers, les standards de beauté ont d’ailleurs grandement évolué. Alors que la mode est aujourd’hui au bronzage, au Moyen Âge, les femmes faisaient absolument tout leur possible pour préserver un teint blanc comme neige. À l’époque baroque, les femmes pulpeuses et généreuses étaient considérées comme de véritables déesses. Les poitrines étaient opulentes, les ventres replets et les cuisses arrondies. La peau d’orange apparaissait même sur de nombreux tableaux et était synonyme de sensualité. Alors, en quoi sommes-nous certains que la beauté que nous visons aujourd’hui est réellement l’idéal à atteindre ?

 

L’étude américaine « Predictors of media effects on body dissatisfaction in European American women » a démontré que seulement trois minutes passées à regarder des publicités extraites de magazine de mode suffisaient à réévaluer à la baisse son degré de satisfaction par rapport à son propre physique. Cette étude a pourtant été réalisée sur des jeunes femmes de corpulence normale, n’ayant aucune difformité apparente. Pour beaucoup de jeunes, et même inconsciemment, le fait de tout tenter pour se rapprocher des canons de beauté s’apparente à une souffrance quotidienne. Pourtant, stigmatiser une personne en fonction de son apparence revient à la réduire à une seule de ses caractéristiques et à ne pas prendre en compte son tempérament, ses capacités intellectuelles ou ses facultés d’adaptation. S’émanciper de cette dictature de la beauté devient un enjeu crucial pour notre société, notamment pour rehausser l’estime de soi, indispensable à nos jeunes générations. L’objectif ? Ne plus avoir besoin de paraître pour exister.